Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/291

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peine, non pas qu’il ne vaut, mais que n’en peut soutenir ma pauvre tête. Adieu, Monsieur adieu, Madame. Je reçois dans l’instant une lettre du sieur Avignol, mon aumônier du château de la Garde, qui me prie instamment d’accorder à mes fermiers de ne me porter mon argent que jusques à Avignon, et de vous le remettre, mon cher Marquis, attendu la terreur qui leur a pris des voleurs d’Aix. Voulez-vous bien que cela se passe ainsi ? J’ai dit oui ainsi vous n’êtes plus guère le maître de me refuser.

I l6. DE MADAME DE SIMfANE A D’HÉRICOURT. Du jeudi gras, 17 février1 1735.

Monsieur l’Intendant vent-il bien me donner un petit moment d’audience? Sans quoi plus de monstres, plus de boîtes, plus de greffes, et ma disgrâce par-dessus le marché or écoutez donc, s’il vous plaît. Ce Belombre me tient en cervelle cruellement, et le silence profond de M. Pêne me désespère; il n’y a que vous, Monsieur, qui puissiez redonner un peu de mouvement à son esprit, à ses doigts et à sa langue. Vous savez ou vous ne savez pas, et vous le saurez quand il vous plaira, qu’il y a de grands projets de bâtiments pour le Belombre, bâtiments si absolument nécessaires à ma vie, à ma vie, remarquez bien à ma vie, que s’ils ne se font point, il faut renoncer à la campagne cette année. J’ai prié, crié, supplié que l’on commençât cet ouvrage, afin qu’il pût être sec et en état d’en pouvoir jouir. Un LETTRE 116. t. Dans les éditions précédentes cette lettre est datée par erreur du 7 février. Le jeudi gras en 1738 tombait au 17.

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