Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/589

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE. 5o3

Dans la lettre du 8 juillet 1671, Mme de Sévigné, parlant de la mort de M, de Montlouet, écrit à sa fille « Encore est-ce quelque chose que cette nouvelle, un homme qui tombe de cheval etqui crève sur place, on peut lire cet endroit d’une lettre. » Et on lit dans les éditions de 1801 et de 1806 « Encore est-ce quelque chose de triste que cette nouvelle. » altération qui change le sens Mme de Sévigné dit seulement que cet incident vient rompre la monotonie des lettres qu’elle écrit des Rochers, mais il est loin d’elle de former le vœu que ce soit un événement malheureux qui produise cet effet. Mme de Sévigné dit à sa fille, dans la même lettre, qu’elle ne doit point de reconnoissance à Mme de la Fayette pour les lettres que celle-ci écrit en Provence, parce qu’en le faisant elle s’attire des réponses, et elle ajoute «Voilà une chose fine, l’entendes-vous bien?» » Et dans les deux éditions de 1806, in-8° et în-12, on lit « Voilà une chose finie.» »

La lettre du îi octobre 1671 contient ce passage « Je vous avoue que d’abord l’honnêteté et la préciosité d’un long ve.wa.ge m’avoient laissée dans une profonde ignorance ;mais je deviens matrone à vue d’oeil. » Et dans les deux éditions de 1801 et de 1806, on lit a La préciosité d’un long voyage. »

En parlant du duc de Montausier, Mme de Sévigné écrivoîf le 17 novembre 1675 « Et puis nous attendrons en repos le semeur de négatives » dans les deux éditions de 1 8or et de 1806 on lit le serment des négatives. Le semeur étoit une plaisanterie dirigée contre M. de Montausier, oncle de Mlle de Grignan, parce qu’il paroît qu’il ne répondoit que négativement à toutes les propositions qui lui étoient faites pour l’établissement de sa nièce.

Les citations pourroient être beaucoup plus multipliées; mais celles-ci prouvent assez que les derniers éditeurs ont négligé de collationner le texte sur celui de M. le chevalier de Perrin. ̃̃

Il falloit donc se reporter à l’édition de 17S4 mais avant de s’arrêter à son texte, il étoit indispensable d’en faire la comparaison avec celui des éditions qui l’avoient précédée. Ce travail a présenté plus d’un obstacle des dates fausses et des transpositions ont plus d’une fois arrêté l’éditeur; mais sa persévérance a été récompensée’ parle grand nombre de fragments oubliés ou retranchés que cette recherche lui a fait découvrir. La nature de ces passages laisse facilement apercevoir le motif- de leur suppression, et l’on ne craint pas d’affirmer que toute personne qui prendra là peine de comparer les éditions originales, avec le soin que l’on y a apporté, n’éprouvera pas un moment d’incertitude sur les causes de ces nombreux retranchements. On va mettre sous les yeux du lecteur des conjectures, qui ne tarderont pas à se convertir en une démonstration