Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/94

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8 NOTICE

Rien, du reste, chez Mme de Simiane ne sentait le sectaire. Le penchant au jansénisme n’occupait qu’un coin de cet esprit apostrophe comme d’un coup de foudre, et mourut peu d’heures après, pareil jour qu’il avait signé, trois ans auparavant, l’arrêt du P. Girard et dela Cadière. » M. Cabasse ajoute « Cette anecdote peu connue n’en est pas moins certaine. Elle est rapportée dans les note s sur Aix par M. le président de Saint-Vincens, et elle a été racontée à M. Roux-Alpheran par son grand-oncle, M. de Saint-Ferréol, qui avait vingt ans lors de la mort de M. le Bret. » M. Roux-Alpheran fait le même récit dans les Sues d?Aix, ou Recherches historiques sur l’ancienne capitale de la Provence (Aix, 1846-1848), tome II, p. 204. Malgré ces divers témoignages, il nous paraît certain qu’il y a toutau moins, outre les inexactitudes que nous avons. déjà relevées, beaucoup d’exagération dans cette tradition locale. Dans la lettre du sa octobre 1734, Mme de Simiane raconte fort simplement à sa cousine, la marquise de Rousset, que le président, avec qui elle avait dîné le mercredi chez la princesse, fut trouvé mort le lendemain dans son lit. La princesse ne passait point en Provence, comme le dit M. Cabasse, pour aller épouser le duc de Modène (elle était mariée depuis 17ÎO au prince héréditaire*) elle ne retournait pas non plus dans sa principauté, comme le rapporte M. Roux-Alpheraiij mais quittanfle duc de Modène son beau-père, réfugié à Gênes pendant l’occupation de son duché par les Français, elle allait rejoindre son man à Paris, où ils se logèrent fort modestement, et consultèrent sans doute un procès de succession qu’ils plaidèrent et perdirent en 1787. Son crédit, onze ans après la mort du Régent, ne devait pas être bien redoutable. Il n’est nullement vraisemblable que l’intendantprésident le Bret, qui venait, comme premier magistrat, lui rendre honneur, ait été apostrophé ni épouvanté par elle. Il put se sentir mal à l’aise aux côtés deMme de Simiane; peut-êtreun reproche plus ou moins couvert, un mot plus ou moins piquant, lui fut-il adressé par elle ou même par la princesse; mais sa mort subite la nuit suivante aura tout naturellement fait imaginer le reste et arranger toute *Il a même été raconté au tome I, dans la Notice sur Mme de Sévigné (p. 3i4), que Mme de Simiane, alors dame de compagnie de la duchesse d’Orléans, fut une des quatre dames choisiespouraccompagner jusqu’à Antibes Mademoiselle de Valois; et Dangeau nous apprend, au i avril 1720, que Mme de Simiane étant tombée malade de la petite vérole en route, à la Palice, la princesse dut l’y laisser. après avoir demeuré deux ou trois jours avec elle.