Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 2.djvu/458

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1671 vérole fort loin. Cette grande maison, où je ne trouve que Mme de Bonneuil, au lieu de vous, ne me donne nulle envie d’y retourner. M. de Coulanges m’est délicieux ; nous parlons sans cesse de vous. Je donnerai votre lettre à M. de la Rochefoucauld ; je suis assurée qu’il la trouvera très-bonne. Je hais le dessus de vos lettres où il y a : à Madame la marquise de Sévigné ; appelez-moi Pierrot[1]. Les autres sont aimables, et donnent une disposition tendre à lire le reste.


233. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ À MADAME DE GRIGNAN.
À Paris, le 1er jour de l’an.

J’étois hier au soir chez Monsieur d’Uzés : nous résolûmes de vous envoyer un courrier. Il m’avoit promis de me faire savoir aujourd’hui le succès de son audience chez M. le Tellier, et même s’il vouloit que j’y menasse Mme de Coulanges[2] ; mais comme il est dix heures du soir, et que je n’ai point de ses nouvelles, je vous écris tout simplement : Monsieur d’Uzès aura soin de vous instruire de ce qu’il a fait. Il faut tâcher d’adoucir les ordres rigoureux, en faisant voir que ce seroit ôter à M. de Grignan le moyen de servir le Roi, que de le rendre odieux

    Coulanges, p. 47, et les lettres des 1er décembre 1690 et 21 janvier 1695.

  1. 3. Voyez la lettre 158, p. 173.
  2. Lettre 233. — 1. Mme de Coulanges était nièce de la femme de Michel le Tellier, secrétaire d’Etat (ministre de la guerre, de 1643 a 1666), et depuis chancelier de France (1677). — Il remit sa charge en 1666 à son fils Louvois ; mais sa démission volontaire ne l’éloigna pas du conseil : « il conserva, dit Moréri, le titre et les emplois de ministre. »