Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 4.djvu/84

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 78 —

———
1675
chose, mais que tout est raccommodé. Je ne réponds ni du présent ni de l’avenir, dans un tel pays ; mais du passé, je vous en assure, et qu’il n’y avoit rien de si aigre dans le temps de la mortification des petits. Pour la souveraineté, elle est établie, comme depuis Pharamond. Quanto joue en robe de chambre avec les dames[1] du château qui se trouvent trop heureuses d’être reçues, et qui souvent sont chassées par un clin d’œil qu’on fait à la femme de chambre. Je crois que vous recevrez plus de relations que vous n’en voudrez, par des inconnus que j’ai priés de me faire ce plaisir et à vous aussi, pendant que je suis ici, c’est-à-dire pour vendredi, car je ne serai que samedi à midi à Paris.

Adieu pour aujourd’hui : en voilà assez ; voilà complies qui sonnent : vous connoissez mon manège. Il fait très-beau, je me promènerai beaucoup, et Dieu sait si je penserai à vous et avec quelle extrême tendresse !

Jeudi au soir, 22e août[2]

Je n’y ai pas manqué, ma très-chère ; mais admirez combien je suis peu destinée à la solitude : j’ai pris ce

  1. Le pluriel les dames du château est la leçon de la Haye (1726), de la Haye seulement. Nous l’avons adoptée, comme plus vraisemblable que le texte généralement reçu jusqu’ici (voyez Walckenaer, tome V, p. 243 et 447) ; mais nous ne pouvons nous empêcher de garder quelques doutes : toutes les autres éditions (Rouen 1726, Perrin 1734 et 1754), d’accord en cela avec notre manuscrit, ont le singulier la dame du château, qui se trouve, etc. De plus, contre son usage, le manuscrit explique cette sorte de chiffre en plaçant à côté le mot Reine, comme un peu avant, à la même ligne, il traduit Quanto en le faisant suivre du nom propre Mme de Montespan. — Pour le chiffre Quanto, les éditions de 1726 vont plus loin ; elles le remplacent par ce nom : « Mme de Montespan joue, etc. »
  2. Cette fin de lettre et la lettre suivante ne se trouvent que dans l’édition de la Haye (1726), et partiellement dans notre ancienne copie.