Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/118

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côté aucun de ces préceptes perfides ? en faisant revêtir son amant des dépouilles du mort, ne se mettait-elle pas à l’abri du soupçon d’un forfait dont elle retirait tout l’avantage, au faible prix d’une victime qui pouvait la perdre en vivant ?

Isabelle, on le sait, et l’on s’en convaincra plus d’une fois encore, avait reçu de la nature, avec son horrible penchant au crime, toute la souplesse nécessaire pour le dissimuler.

Cessons donc de chercher autre part les provocateurs et les auteurs de ce délit : ils ne peuvent se trouver que parmi ceux qui avaient le plus grand intérêt à le commettre. Or, dans qui cet intérêt était-il plus vif que chez les ducs de Bretagne, d’Orléans et la reine ? Sans doute il est pénible d’adopter de telles opinions ; mais le devoir d’un historien ne consiste pas seulement à débiter des faits que tout le monde sait, il consiste encore davantage à suivre le fil des événements et, s’il se rompt, à le rattacher aux vraisemblances, quand il ne peut pas l’unir à des vérités connues. Il vaudrait autant sans cela, lire des dates et des chronologies. Mais ce n’est pas ici le cas, nous le répétons ; et quand des probabilités s’appuyent sur des dépositions faites à la mort du confident ou du complice, assurément dès lors elles acquièrent toute la force de la vérité.