Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/119

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Isabelle en un mot devait être l’ennemie du connétable et de Craon, les vraisemblances le démontrent, les aveux d’un homme condamné certifient les crimes qui en résultent : que faut-il de plus pour les croire et les attester ?

Cependant, on arme de toutes parts pour la guerre de Bretagne. Charles avait pris la vengeance de Clisson trop à cœur, pour qu’on refusât de marcher à cette expédition. Il est à remarquer que le duc de Bourgogne n’était nullement de l’avis de cette guerre ; et, cependant, ne paraît-il pas qu’il fût encore dans la confiance de la reine ? mais il est vraisemblable que tous deux, ayant les mêmes intérêts, suivaient la même route, sans se rien communiquer encore.

Tout fut donc mis en œuvre pour rompre ce projet formé par le roi de se mettre lui-même à la tête de ses armées, jusqu’aux conseils des médecins qui déclarèrent que la santé du roi ne lui permettait pas de se livrer à cette entreprise.

Cependant, Charles tenait si fort à ce projet que, quoi qu’en pussent dire les médecins, il n’en précipita que plus ardemment l’exécution, et surtout quand on lui dit que Craon n’était plus en Bretagne, et que le duc lui-même l’eut assuré qu’il était en Aragon. Ne voyant dans ces subterfuges que le projet de le trahir et de sauver le