Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/191

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nous ferons tout ce qui dépendra de nous, pour profiter de ce que vous dites… Réponse qui prouvait à la fois et la faiblesse et la bonté de cette âme paisible.

Quelques femmes de la cour demandèrent au frère Jacques comment il avait osé parler avec une audace aussi répréhensible ? Ah ! leur répondit-il, vous êtes bien plus coupables que moi, vous qui m’y avez contraint.

Toujours stimulé par la reine, dont nous connaissons maintenant les secrètes intentions, le duc d’Orléans se donna, peu après, le gouvernement de Normandie ; mais la province refusa de le reconnaître. Dans sa colère, il vole à Rouen et trouve la noble franchise des Normands supérieure à son insolence : il revint sans aucun succès. Les peuples de cette province lui avaient déclaré qu’ils ne reconnaissaient d’autre maître que le roi. En conséquence, dès que la santé de Charles le permit, le duc d’Orléans voulut faire confirmer sa nomination ; mais tant de gens s’y opposèrent dans le Conseil ; on représenta si fortement au roi les dangers de confier une telle province à un homme dont les désordres commençaient à faire tant de bruit, on peignit si vivement au monarque tous les vices de l’administration de ce prince que l’affaire manqua et, comme il est facile de le croire,