Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/214

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valets de Louis qui lui était le plus attaché, étendu sur le corps de son maître, essayait de le ranimer de son souffle et de le réchauffer de ses pleurs ; vingt coups de massue le réunissent au moribond ; il expire avec lui.

Les assassins, en se retirant, mirent le feu à la maison Notre-Dame qui leur avait servi d’asile, afin que le tumulte de cet incendie pût favoriser leur fuite, et pour qu’elle ne fût pas interrompue, ils jetèrent des chausse-trapes qui, devant blesser les poursuivants, rompraient nécessairement leurs desseins.

Cependant les écuyers, qu’emportait leur cheval, et les valets rentrés à la maison de la reine revinrent au lieu du meurtre ; ils enlevèrent le corps de leur maître et le déposèrent à l’hôtel de Rieux, situé en face de l’endroit où s’était passée cette horrible scène.

Isabelle, en qui l’habitude du crime imprimait à propos tous les caractères de la fourberie, joua la plus profonde douleur. On la porta à l’hôtel Saint-Paul : l’eût-on fait si la maison de la rue Barbette eût été son palais, et si elle eût été en couche d’un enfant mort le lendemain, comme on osa le dire, pour déguiser la vérité de cette aventure ? Tout le monde eut l’air de croire à son chagrin, et cette petite fausseté, si commune dans les cours, en faisant autant de dupes qu’il se trouvait