Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/251

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s’empresserait-il pas au moins de l’éloigner dès qu’il aurait connaissance de son crime ? Il pouvait rester enseveli : jamais aux yeux d’un prince qui, une fois muni de l’autorité, avait dès lors tant de raisons de rechercher la vérité.

Isabelle rejeta donc toute idée de régence ; le duc de Berri soutint hautement ce qu’Isabelle n’osait appuyer qu’en tremblant ; mais, quoi qu’il en fût, le projet de la régence fut totalement écarté, et la santé du roi s’étant momentanément rétablie (le cas l’exigeait), on n’eut plus l’air de s’occuper du dauphin, d’autant plus que les ordres de Charles enfin exécutés, séparèrent encore une fois les parties belligérantes.

Le jeune duc d’Orléans, ne pouvant soutenir sa cause par les armes, réclama du moins la justice du souverain, et comme il ne s’agissait ici que de perdre le duc de Bourgogne, la reine crut devoir ménager d’Orléans, pour parvenir à une apparente réconciliation que son projet était de rompre, dès qu’elle en aurait cru le moment favorable ; mais ici, sa politique et ses intentions échouèrent, et le duc Jean prévenu se tint sur ses gardes.

De ce moment, les factions plus acharnées que jamais armèrent chacune de leur côté. La France était remplie de guerriers qui couraient se ranger sous leurs bannières respectives et qui sans autre