Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/252

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cause qu’une inconvenable frénésie, consentaient à s’égorger mutuellement, non pour leur prince ou pour leur patrie, mais pour des querelles qui n’intéressaient aucun d’eux, et auxquelles ils n’entendaient rien.

N’en doutons point, il est des époques où les hommes ont besoin de se détruire : mus comme les éléments qui y coopèrent, il faut qu’à leur exemple ils aident à ce malheureux entraînement vers la désorganisation, qui n’est elle-même qu’une régénération à laquelle nous nous soumettons malgré nous, parce que la nature qui nous y contraint serait nécessairement outragée par la stagnation de l’apathie.

Mais qui fomentait tous ces troubles ? la seule Isabelle. Ah ! plus les faits qui la regardent se développeront à nos yeux, plus nous nous convaincrons que la main qui secouait sur la France les serpents de la discorde n’était autre que celle de cette femme atroce.

Tout s’embrase : les Parisiens exaspérés courent en armes au palais, et demandent à grands cris que le dauphin soit nommé régent. Une rechute du roi paralyse encore ces démarches.

Le duc de Bourgogne triomphe ; les Orléanais sont proscrits, les chaînes se tendent, des corps de garde se posent, les portes se ferment. Nul