Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/283

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


douter prisonnier dans le lieu où l’on venait de le conduire.

Les pillages, les massacres, les violences de tout genre recommencèrent dans Paris, et furent sanctifiés dans les chaires.

De ce moment, les factieux font reparaître la croix de Bourgogne ; leurs couleurs redeviennent les signes de la révolte.

À l’instant, ce symbole de terreur est adopté dans la capitale ; on sollicite auprès des chefs de la sédition la faveur d’en être décoré et le refus de cette grâce devient un signe de proscription.

L’insolence fut portée plus loin : le duc et la reine dressèrent une liste de proscription que les rebelles eurent l’effronterie de faire signer au roi et au dauphin, en saisissant à la minute même plus de trente personnes qui se trouvaient chez l’un et l’autre de ces princes ; le reste fut cité à son de trompe. Les portes de Paris se fermèrent et des corps de gardes s’établirent partout.

Toujours plus entreprenants à mesure qu’ils obtenaient ce qu’ils désiraient, les mutins se portèrent à nouveau chez le roi. Un carme, qui leur servait d’orateur, demanda justice de tous les torts du gouvernement envers le peuple ; il exigea la remise de tous ceux qu’avaient fait enfermer les Orléanais, et alors la foule qui avait suivi l’orateur jusque