Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/345

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


favorise et l’innocence et la vertu, nous avons droit à ses bontés.

« Cette nuit, cette nuit même nous offre l’occasion de punir nos bourreaux et de venger nos frères dont les corps expirants palpitent encore sous les poignards qui les immolèrent. Fils du quartenier de la porte Saint-Germain, je jure de faciliter ce passage au duc de Bourgogne et de lui livrer la ville. Qu’ils se retirent, ceux qu’effarouchent ces nobles desseins, ils ne sont pas dignes de les servir ; qu’ils s’éloignent, mais sans nous trahir surtout, s’ils ne veulent pas devenir eux-mêmes nos premières victimes. Que les autres m’entourent… me jurent pour cette nuit seulement la fidélité que je leur demande, et nos noms à jamais célèbres seront un jour gravés au temple de la justice et de la liberté. »

Pas un ne se retira, et les résolutions de ce projet furent à l’instant portées à l’Isle-Adam qui commandait alors dans Paris.

Le Clerc transporté de cette ivresse qui nous fait affronter les plus grands périls, quand l’honneur semble nous y inviter, laisse coucher son père : dès qu’il le croit endormi, il enlève adroitement les clefs que cet officier public plaçait le soir sous son chevet.

La nuit du 28 au 29 mars 1418, l’Isle-Adam