Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/389

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Pendant que le dauphin tâchait de rassembler vers le Midi tout ce qui pouvait lui rester de partisans, afin de reconquérir quelques débris de ses états, le roi d’Angleterre faisait au nord les plus grands progrès.

Ce fut enfin à Arras que les plénipotentiaires anglais, français et bourguignons consommèrent la honte et les malheurs de la France.

La reine ne voulut pas y admettre les ambassadeurs du dauphin ; elle le croyait coupable : il ne l’était pas ; mais l’eût-il été, quelle vengeance pour une mère !

Cette marâtre ambitieuse, résolue à déshériter son fils ainsi qu’à faire passer le sceptre dans les mains du roi d’Angleterre, après lui avoir fait épouser sa fille, n’était arrêtée par aucun scrupule, et le duc de Bourgogne favorisait aveuglément ces dangereux projets.

Les premières clauses du traité d’Arras étaient :

1° Que le roi d’Angleterre épouserait la princesse Catherine.

2° Que Charles VI, devenu par là le beau-père d’Henri V, continuerait de régner et, qu’attendu son incapacité, Henri serait déclaré régent.

3° Que les ordres de l’état lui prêteraient serment en cette qualité et s’engageraient à le reconnaître comme souverain, immédiatement après la mort de son beau-père.