Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/413

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grande maison de la ville, elle se rappela le trait exécrable de l’amphithéâtre de Sidènes que Néron avait fait élever de manière à ce qu’il s’écroulât dès qu’il serait chargé ; et dès l’instant, frappée de cet horreur, elle se résolut à l’imiter.

On se souvient du nommé Le Clerc qui, quelques années auparavant, ayant introduit le duc de Bourgogne dans Paris, avait ensuite rendu de si grands services à la reine à Tours, et qui, pour récompense de toutes ces actions, avait été placé dans les gens de la chambre du roi : ce fut à cet homme qu’elle crut pouvoir confier l’exécution de son détestable projet. Après l’avoir couvert d’or, elle le fit secrètement passer à La Rochelle, en lui enjoignant de se lier avec le constructeur de la salle qu’on préparait et d’apporter en conséquence à cet architecte quelques plans qui pussent convenir au projet dont il s’agissait ; mais Le Clerc frémit d’horreur quand la reine se fut expliquée. Cet homme avait pu par dépit, par système peut-être, ouvrir Paris aux Bourguignons, il avait pu par attachement pour la reine lui devenir très utile à Tours ; mais il y avait loin de là au forfait proposé. Convaincu pourtant qu’un refus l’expose à perdre la vie, et que d’ailleurs il peut sauver le dauphin en ayant l’air de consentir à coopérer à sa mort, il accepte tout et part.