Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/439

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parchemin pour décrire cette cérémonie, dont ils ne donnèrent en effet que quelques aperçus que nous ne répéterons pas ici, attendu qu’ils ressemblent à tout ce que nous avons vu de semblable sous ce règne malheureux. Ce qu’il y a de mieux détaillé dans ces relations abrégées, c’est qu’Henri ne fut entouré que d’Anglais : pas un seigneur français ne voulut s’y trouver, ce qui certes honore à jamais cette classe respectable qui, toujours fidèle à ses princes, sut les garantir de leurs malheurs, ou les déplorer, et ne les provoqua jamais. Cependant cinq évêques parurent ; ils étaient Français, on le sait…, mais ils étaient prêtres… parmi eux se trouvait l’exécrable Cauchon, instigateur de tous les tourments, de tous les supplices qui entourèrent les derniers moments de Jeanne.

Aussitôt que le cortège fut rentré au palais des Tournelles où devait loger le prince, le duc de Bedford conduisit Henri VI à l’hôtel Saint-Paul chez Isabelle, qui fondit en larmes en l’embrassant.

« Beau cher fils, lui dit-elle, j’ai tout fait pour vous ; les sentiments de mère que je devais à Charles, je les ai reportés sur vous ; le duc de Bedford vous dira jusqu’à quel point j’ai tout sacrifié. Votre mère fut ma fille chérie : qu’une