Page:Sade - Histoire secrète d’Isabelle de Bavière, reine de France, Pauvert, 1968.djvu/441

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’être dit, ne nous donne aucun détail sur cette seconde entrevue, dont l’esprit dut sans doute être le même que celui qui caractérisa la première.

Enfin le 14 décembre 1431 Henri vint à Notre-Dame, où il reçut l’onction royale des mains du cardinal de Winchester qui lui mit la couronne sur la tête. Une autre était près de lui, et cette double couronne devint l’emblème des deux royaumes qu’il devait gouverner.

Après avoir juré de les conserver et de les soutenir toutes deux, on admit au serment de fidélité tous ceux qui le désirèrent, et ce jour même Henri dîna sur la table de marbre qui était dans la grande salle du palais.

Isabelle qui s’était trouvée au couronnement dans une tribune mystérieusement pratiquée pour elle, n’assista point à ce repas, où régna la confusion la plus horrible : image de celle que l’illégalité de ce qui venait de se passer devait produire dans le royaume. Aucune des marques de la générosité de nos souverains ne se manifesta dans cette cérémonie : nulle diminution d’impôt, nulle délivrance de prisonniers ; on mit au contraire plus de rigueur que jamais dans l’exaction des subsides ; d’ailleurs aucune grâce, ni publique, ni particulière ; et peu de jours après cette vaine prise de possession plus ridicule qu’imposante, plus dérisoire que respec-