Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 1, 1797.djvu/145

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Dieu, quel qu’il soit, trompa si cruellement ici les desirs du brigand, que son fougueux engin mollit aux péristiles du temple ; et que, quelque puissent être ses efforts, aucun ne réussit à lui redonner le degré d’énergie nécessaire à la consommation du forfait qu’il a projetté ; oh ! double-Dieu, s’écrie-t-il en fureur, je suis trop échauffé ; rien ne vient… ou, peut-être, est-ce mon indulgence qui me perd ; je serais bien plus sûr de bander, si je tuais ce bougre-là. Oh ! non, non, monsieur, dit Justine, en se retournant vers le voleur ; ne bouge donc pas, putain, dit celui-ci, en lui appliquant deux ou trois coups de poingts sur les épaules ; ce sont tes foutues simagrées qui me dérangent ; j’ai bien affaire de voir un visage, lorsque c’est un cul qu’il me faut ; et le paillard se remet en train ; mêmes obstacles ; la nature s’obstine à tromper ses desirs ; il y faut renoncer ; allons, dit-il enfin, en prenant son parti, je vois bien que je suis excédé ce soir ; reposons-nous tous trois ; rentrons. Justine, dit-il, dès qu’il fut dans le cercle, souvenez-vous de votre promesse, si vous voulez que je tienne la mienne, et réfléchissez que je tuerai ce gueux-là, tout aussi bien demain qu’aujourd’hui ; enfans,