Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/159

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priser ces usages, et de vous prostituer au gré de vos desirs. C’est votre corps qui est le temple où elle veut être adorée, et non l’autel où ce prêtre imbécille vient de brailler sa messe : les sermens qu’elle exige de vous ne sont pas ceux que vous venez de faire à ce méprisable jongleur, ou que vous avez signé dans les mains de cet homme lugubre : ceux que la nature veut, sont de vous livrer aux hommes, tant que vos forces vous le permettront. Le Dieu qu’elle vous offre, n’est pas le morceau de pâte ronde que cet arlequin vient de faire passer dans ses entrailles ; mais le plaisir, mais la volupté, et c’est en ne servant pas exactement l’un et l’autre, que vous outrageriez cette mère tendre.

Quand vous aurez le choix dans vos amours, préférez toujours des gens mariés ; l’intérêt au mystère étant alors le même, vous aurez moins à craindre des indiscrétions ; mais à ceux-ci, préférez encore les gens à gages, je vous l’ai dit, cela vaut infiniment mieux, on change de cela, comme de linge, et la variation… la multiplicité, sont les deux plus puissans véhicules de la luxure. Foutez avec le plus d’hommes qu’il vous sera pos-