Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/237

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mière nécessité que nous sommes heureux, c’est par le pouvoir de contenter toutes nos fantaisies ; celui qui n’a que ce qu’il faut à ses besoins, ne peut se dire heureux, il est pauvre.

La nuit approchait, Dorval avait encore besoin de nous, il avait de nouveaux détails lubriques à nous faire subir, qui demandaient du repos, du silence, et de la tranquillité ; qu’on emballe ces deux allemands dans une voiture, dit-il à un de ses gens, accoutumé à le servir en pareille circonstance ; ils ne se réveilleront pas, j’en suis sûr ; qu’on les dépose nuds dans quelque rue détournée, et qu’on les laisse-là ; ils deviendront ce qu’il plaira à Dieu. — Oh ! monsieur, dis-je, quelle cruauté ! — Et qu’importe, ils m’ont satisfait, c’est tout ce que j’attendais d’eux ; je n’en ai plus besoin, qu’ils deviennent tout ce qu’ils pourront ; il y a une providence pour tout cela, si la nature a besoin d’eux, elle les conservera, si elle n’en a que faire, ils périront. — Mais, c’est vous qui les exposez, — Je remplis la première partie des vues de la nature, sa main puissante accomplira le reste ; qu’ils