Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/238

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partent, ils sont bien heureux que je ne fasse pas pis, je le devrais peut-être.

L’ordre fut ponctuellement exécuté ; les deux allemands ne se réveillèrent pas plus, que s’ils eussent été morts, et, pour ne plus revenir sur leur compte, nous apprîmes qu’ils avaient été déposés dans une rue borgne, près le boulevard neuf, et conduits le lendemain, chez un commissaire de police, des mains duquel ils sortîrent, aussitôt qu’on vît qu’il leur devenait impossible de jetter aucune lumière sur la bisarrerie de leurs aventures.

Dès qu’ils furent partis, Dorval nous remit exactement le quart qui nous revenait des prises que nous avions faites sur ces deux individus, et sortit ; nous restâmes seules un instant, pendant lequel Fatime me prévint qu’il y avait encore une terrible scène de luxure à éprouver, qu’elle ne savait pas positivement en quoi elle consistait, mais elle était bien sûre, au moins, qu’il ne nous arriverait rien de malheureux… ; Elle avait à peine fini, qu’une vieille femme parut, et nous ordonna brusquement de la suivre, nous obéîmes ; après quelques détours dans les corridors les plus élevés de la