Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/241

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produisait sur ce libertin ; obligé de donner l’essort à un membre qu’il ne pouvait plus contenir dans sa culotte, il nous fit naître, en le laissant s’élancer dans l’air, l’idée de ces jeunes arbustes dégagés du lien qui courbe un instant leur cîme sur le sol : allons, putains, dit-il, en se branlant, vous allez être pendues… vous allez être étranglées ; Rose Fatime, et Claudine Juliette, sont condamnées à la mort, pour avoir vilainement… odieusement volé et dépouillé, puis, exposé à périr dans le milieu de la rue deux particuliers, dans la maison de M. Dorval : la justice ordonne, en conséquence, que l’arrêt soit exécuté sur-le-champ.

Nous nous relevâmes ; et sur le signe d’un de ses alguasils, nous l’approchâmes, chacune à notre tour ; il était en feu ; nous prîmes son vit, il jura, et nous menaça ; ses mains s’égarèrent indifféremment sur toutes les parties de notre corps, et il entremêlait ses menaces de persifflage. Qu’il est cruel à moi, disait-il, de livrer d’aussi belles chairs à la pourriture ; mais il n’y a plus de grace à espérer, l’arrêt est prononcé, il faut le subir, ces cons affreux