Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/247

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ne pourrait que lui nuire. Et cette seconde idée nous est encore mieux indiquée dans le terme qu’elle a prescrit aux femmes pour engendrer. Pourquoi des freins, si cette copulation perpétuelle était si nécessaire qu’on le pense, et si elle a posé des bornes dans ce sens-là, pourquoi n’en aurait-elle pas placé dans l’autre, en inspirant à l’homme, ou des passions différentes, ou des dégoûts certains qui, le devoir rempli, l’obligent à se débarasser ailleurs, d’un germe dont la nature n’a plus que faire. Eh ! sans autant de raisonnemens, contentons-nous d’en appeler à la sensation même, et soyons bien certains que là où elle est la plus sensuelle, c’est-là même où la nature veut être servie. Or, sois bien assurée, Juliette, (et à qui disait-elle cela) soit bien certaine, ma fille, qu’il y a infiniment plus de plaisir à se livrer de cette manière que de l’autre ; les femmes voluptueuses qui en ont goûté ne peuvent plus reprendre la voie ordinaire ; toutes te le diront comme moi ; essaye donc, mon enfant, pour les intérêts de ta bourse, et pour ceux de la volupté ; car tu dois être bien sûre que les hommes payent cette fantaisie bien autrement que les jouissances com-