Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/254

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plus tems. Vous ne raccommoderez point tout cela, madame, dis-je très en colère ; je suis au fait de tout ; il est affreux à vous d’avoir voulu me sacrifier ; n’importe, je ne vous compromettrai point ; pressez-vous seulement de me remplacer, et trouvez bon que je me retire. La maquerelle n’osa s’y opposer, mais l’homme qui me dévorait déjà ne pouvait se résoudre au troc ; le vilain avait juré ma perte ; et ce ne fut qu’avec peine qu’il se décidait à en empoisonner une autre. Tout s’arrangea, cependant ; une autre fille parut : je sortis. C’était une petite novice de treize ans que ce libertin trouva propre à le dédommager. On lui banda les yeux ; elle ne se douta de rien, et huit jours après il fallut l’envoyer à l’hôpital, où ce scélérat fut la voir souffrir. Telle était toute sa jouissance : il n’en connaissait pas, me dit la Duvergier, de plus délicieuse au monde.

Quinze ou seize autres du même goût, mais sains et bien portans, me passèrent sur le corps en un mois, avec plus ou moins d’épisodes singuliers, lorsque je fus envoyée chez un homme dont les détails, dans l’acte de la sodomie, sont assez bizarres pour devoir vous être racontés. Quel intérêt n’y