Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/256

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On prétend, mon cœur, que vous avez le plus beau cul du monde, me dit Noirceuil, dès que sa société fut réunie. Madame, continua-t-il, en s’adressant à son épouse, faites-moi voir cela, je vous conjure. En vérité, monsieur, répondit cette pauvre petite femme, toute honteuse, vous exigez des choses… — Bien simples, madame ; et depuis le tems que vous les faites, vous devriez y être accoutumée : je donne à vos devoirs envers moi la plus noble extension, et je suis bien surpris que vous ne vous soyez pas encore fait une raison sur cela. — Oh ! je ne me la ferai jamais. — Ma foi, tant pis pour vous ; quand une chose est d’obligation, il vaut cent fois mieux s’y prêter de bonne grace, que de s’en composer chaque jour un supplice. Allons, madame, déshabillez donc cette petite fille. Rougissant pour cette pauvre dame, j’allais, en ôtant moi-même mes vêtemens, lui épargner la peine qu’on voulait lui donner, lorsque Noirceuil, m’en empêchant, brusqua tellement son épouse, qu’elle n’eut plus d’autre parti que l’obéissance. Pendant ces préliminaires, Noirceuil se faisant baiser par ses gitons, les excitait tous deux de chacune de ses mains : l’un lui