Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/270

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trebalancera les privations ; ainsi, c’est à lui de choisir, ou de l’inspiration vicieuse qui, bien certainement, est celle de la nature, mais qui, à cause des loix, pourra, peut-être, ne pas lui procurer un bonheur complet… pourra, peut-être, troubler celui qu’il en attend, ou du mode factice de la vertu, qui n’est nullement naturel, mais, qui le contraignant à quelque sacrifice, lui rapportera, peut-être, un dédomagement pour l’extinction cruelle qu’il est obligé de faire dans son cœur, de la première inspiration. Et, ce qui achèvera plus encore de détériorer à ses yeux le sentiment de la vertu, c’est que, non seulement il n’est pas un premier mouvement, non seulement il n’est pas un mouvement naturel, mais il n’est même, par sa définition, qu’un mouvement vil et intéressé qui semble dire, je te donne, pour que tu me rendes ; d’où vous voyez que le vice est tellement inhérent en nous et qu’il est si constamment la première loi de la nature, que la plus belle de toutes les vertus analisée, ne se trouvant plus qu’égoïste, devient elle-même un vice. Tout est donc vice dans l’homme ; le vice seul, est donc l’essence de sa nature et de son orga-