Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/317

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blesse, dont nous devons nous garantir, nous purger le plutôt qu’il est possible.

Ceci, dis-je à Noirceuil, demande des développemens. Vous m’avez démontré le néant de la vertu, je vous prie de m’expliquer, ce que c’est que le crime ; car, si d’un côté, vous anéantissez ce qu’il faut que je respecte, et que de l’autre, vous amoindrissiez ce que je dois craindre, vous aurez certainement mis mon ame dans l’état où je la desire, pour oser tout, dorénavant sans peur.

Assieds-toi, Juliette, me dit Noirceuil, ceci exige une dissertation sérieuse, et pour que tu puisses me comprendre, j’ai besoin de toute ton attention.

On appelle crime, toute contravention formelle, soit fortuite, soit préméditée, à ce que les hommes appellent les loix ; d’où, tu vois que voilà encore un mot arbitraire et insignifiant ; car, les loix sont relatives aux mœurs, aux climats ; elles varient de deux cents lieues, en deux cents lieues, de manière, qu’avec un vaisseau, ou des chevaux de poste, je peux me trouver, pour la même action, coupable de mort le dimanche matin à Paris, et digne de louanges, le samedi