Page:Sade - La nouvelle Justine, ou les malheurs de la vertu, suivie de L'histoire de Juliette, sa soeur, tome 5, 1797.djvu/385

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vrance, et l’anéantissement de cette affaire ; tout était dit, demain l’on t’accrochait, vingt-deux témoins déposaient ; y en eût-il eu cinq cents, notre crédit ne les eût pas craint ; ce crédit est immense, Juliette, et nous sommes sûrs, St.-Fond et moi, ou d’arracher à l’instant de l’échafaud, le plus grand scélérat de la terre, ou d’y faire monter le plus vertueux des hommes. Voilà ce qu’on gagne sous le règne des princes imbécilles. Tout ce qui les entoure les mène, et les plats automates en croyant gouverner par eux-mêmes, ne régissent que par nos passions. Nous pouvions nous venger de Dennemar, je suis muni de tout ce qu’il faut pour cela, mais il est aussi libertin que nous, ses caprices te l’ont prouvé ; n’attaquons jamais ceux qui nous ressemblent ; le duc sait qu’il a eu tort de se conduire comme il l’a fait ; il en est tout honteux aujourd’hui, il t’abandonne le vol, et te reverra même avec plaisir ; il a demandé seulement qu’on en pendit une, le voilà content et nous aussi. Je ne te conseille pas de revoir ce vieux avare ; nous savons qu’il ne te desire que pour obtenir de toi la grace de Lubin ; mais ne te mêle pas de cela ; j’ai eu ce Lubin à mon