Page:Sade - Oxtiern, ou les Malheurs du libertinage,1800.djvu/25

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est trop outragée pour n’être pas à craindre, et je suis perdu si je la sauve.




Scène V.


OXTIERN, ERNESTINE.



Ernestine.

Quoi qu’il m’en coûte de paraître à vos regards, Monsieur, quelqu’humiliée que je sois devant vous, il faut pourtant que je vous demande, après l’action horrible que vous vous êtes permise envers moi, quelles sont les satisfactions que votre probité peut m’offrir.


Oxtiern.

Est-ce ma probité qu’il faut interroger, Ernestine, quand mon cœur est dans vos liens… quand il vous appartient tout entier.


Ernestine.

Vous n’imaginez pas, sans doute, que ce don puisse faire mon bonheur… Comment est-il que vous me le proposiez… Comment après l’avilissement où vous vous êtes plongé, croyez-vous ce cœur féroce, encore digne de moi ?


Oxtiern.

Vos reproches m’accablent, et d’autant plus que je les ai mérités… Ah ! ne punissez pas aussi cruellement les fautes de l’amour !