Page:Sade - Oxtiern, ou les Malheurs du libertinage,1800.djvu/5

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mais une telle créature devait-elle être la proie de la fourberie et de la débauche !


Fabrice, très surpris.

Comment, le crime serait consommé ?


Casimir.

Il l’est, Monsieur Fabrice, il l’est :… c’est cependant la fille du colonel Falkenheim, le petit neveu du favori de Charles XII ; il l’a enlevée… flétrie… Je vous le dis, Monsieur Fabrice, elle est perdue !


Fabrice, comme ci-dessus.

Il ne l’a point épousée : c’est une fille vertueuse et séduite, trompée et ravie qu’il amène… Casimir, volez à votre maître ; dites-lui que ma maison est pleine… dites-lui que je ne peux le recevoir ; je n’ai que trop à me plaindre des libertés qu’il croit être en droit de se permettre chez moi, parce qu’il me fait l’honneur de me regarder comme son protégé ; je ne veux point de la protection d’un grand seigneur, quand il n’en résulte, comme c’est l’usage, que la complicité de ses désordres. (Il sort.)


Casimir, courant à lui pour l’arrêter.

Un moment… un moment ; vous perdriez tout, et rien ne serait réparé. Continuez-lui plutôt vos soins ; et s’il vous est possible ; tâchez secrétement de rendre service à cette jeune personne. (Il faut appuyer sur ce qui suit.) Il n’y a qu’une lieue d’ici à Stokolm…

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