Page:Saint-Amant - Œuvres complètes, Livet, 1855, volume 1.djvu/220

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Nous inspires la volupté
De la bacchique liberté,
Lors qu’autour d’une table ronde,
Faisant raison à tout le monde,
La tienne abandonne tes sens
À mille plaisirs innocens ;
Marigny, rond en toutes sortes,
Qui parmy les brocs te transportes,
Et dont l’humeur que je cheris
M’a pu faire quitter Paris ;
Franc Picard à la rouge trongne,
Brave Maricourt, noble yvrongne,
Qui crois estre sur ton fumier
Quand tu presides chez Cormier ;
Jeune portrait du vieux Silene,
Grand beuveur à perte d’halene,
Chère rime de cabaret,
Mon cœur, mon aymable Faret ;
Brun, qui dans la cité de Dole,
Chez toy de raisons tiens escole
Pour les plus sçavans, quand tu bois
De ton exquis vin blanc d’Arbois ;
Bardin, dont la saine doctrine,
Incaguant Aristote et Pline,
Prouve que le vin seulement
Merite le nom d’element ;
Grand-Champ, qui vuides mieux les verres
Que dans les chiquaneuses guerres,
Avec les plus heureux succès,
Tu ne vuiderois les procès ;
Butte, qui d’un cœur de Pompée,
Ne fait pas mieux à coups d’espée
Que dedans maint repas divin
Je t’ai veu faire à coups de vin ;
La Motte, qui parmi les tasses