Page:Saint-Amant - Œuvres complètes, Livet, 1855, volume 1.djvu/223

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Ils y perdirent leur escrime,
Et dedans ces flots tous esmus
De l’enormité de leur crime
Ils demeurerent bien camus !

Père, aussi tant que je vivray,
De tout mon cœur je te suivray,
Je t’en fais icy la promesse,
Et jure par ces cervelas
Que, pour mon baston de vieillesse,
Je ne veux rien qu’un eschalas.



CASSATION DE SOUDRILLES.


Porteurs de seringues à feu,
Petits bastards de Salmonée,
Pour Dieu ! retirez-vous un peu,
Puis que la guerre est terminée.

Valets de pique, faites flus :
La France, qui vous congedie,
Veut que vous ne luy serviez plus
Qu’à vendanger en Normandie.

Sergents, qui sous un attelier
Aviez levé tant de pagnottes,
Pendez le glaive au ratelier,
Et chiez dans vos bourguignottes.

Enseignes, pliez vos drapeaux
Sous qui la valeur se gouverne,
Et vous rengez à grands troupeaux
Sous celuy de quelque taverne.

Lieutenans qui craignez le chocq
Plus qu’un muguet ne craint la foule,