Page:Saint-Just - Œuvres complètes, éd. Vellay, I, 1908.djvu/345

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CHAPITRE IV.

DU CORPS LÉGISLATIF, DANS SES RAPPORTS AVEC L’ÉTAT POLITIQUE

Le corps législatif est pareil à la lumière immobile qui distingue la forme de toutes choses, et à l’air qui les nourrit : en effet, il entretient l’équilibre et l’esprit des pouvoirs, par la sévère ordonnance des lois.

Il est le point vers lequel tout se presse ; il est l’âme de la constitution, comme la monarchie est la mort du gouvernement.

Il est de l’essence de la liberté. Que le corps législatif délibère sur les accidents publics, qu’aucune loi ne puisse être restreinte ou étendue, aucun mouvement ne puisse être donné ou reçu, s’il n’émane de la législation.

L’usage des comités consultants est merveilleux pour conserver les lois, mais il est peut-être à craindre qu’ils ne deviennent un jour des oracles semblables aux anciens, qui disaient tout ce qu’on voulait leur faire dire.

Le juge ou l’homme public qui corrompt les lois est plus coupable envers la constitution que le parricide ou l’empoisonneur qui les offense ; il doit être chassé et punit sévèrement.

Je parlerai ailleurs de ce qui concerne le droit de faire la paix et la guerre.

CHAPITRE V.

DES TRIBUNAUX, DES JUGES, DE L’APPEL ET DE LA RÉCUSATION

On est surpris en examinant combien l’appel est favorable au despotisme, et combien les récusations le sont à la liberté.

L’appel porte de chute en chute les intérêts des sujets jusque dans les mains des tyrans ; là n’abordent point la raison, l’humanité ; là tout est injustice parce que tout y est faveur.

L’inextricable dédale des diplômes entretient tout l’État en division, et le despotisme est assiégé de flatteurs, qui corrompent la corruption même.

Les tribunaux d’appel sont