Page:Saint-Simon - Mémoires, Chéruel, Hachette, 1856, octavo, tome 6.djvu/294

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Pontchartrain de s’ouvrir au P. de La Tour, général de l’Oratoire, qui confessoit Mme de Pontchartrain depuis son mariage, et à l’abbé de Maulevrier, aumônier du roi, grand intrigant, avec de l’esprit et de l’ambition, grand ami des jésuites et de M. de Cambrai, de qui j’ai parlé quelquefois. Celui-ci le détourna de se retirer à l’institution pour ne point faire cette peine aux jésuites, auxquels il étoit aussi livré que son père étoit éloigné d’eux, et pour ne point donner de soi des soupçons de jansénisme, qui pourroient attirer les affaires au P. de La Tour, lequel aussi le détermina à s’en aller à Pontchartrain quand le malheur seroit arrivé, puis à différer sa démission de quelques semaines, enfin de quelques mois. Il y en avoit près de deux que nous ne bougions presque point de cette funeste maison, lorsque Mme de Pontchartrain mourut enfin sur les onze heures du matin, le 25 juin. La cour étoit à Fontainebleau, le chancelier aussi qui n’avoit pu quitter, que sa femme désolée alla trouver aussitôt ; qui le trouva dans la plus amère affliction quoique prévue de si loin. Mme de Saint-Simon, que j’avois eu soin de détourner adroitement d’un si douloureux spectacle, avoit, malgré sa vertu, besoin de toutes sortes de secours. Je voulus demeurer auprès d’elle. Elle savoit où en étoit Pontchartrain et l’importance pour ses, enfants, ou plutôt pour ceux de son amie, d’empêcher les folies qu’il vouloit exécuter, et me pressa tellement de ne le point abandonner, que je la laissai avec lime la maréchale de Lorges, Rime de Lauzun et ma mère, et m’en allai, sur un message pressant du P. de La Tour, le trouver chez Pontchartrain, d’où, pour abréger beaucoup de choses, nous partîmes tous trois en même carrosse, et Bignon, intendant des finances, en quatrième, et nous en allâmes à Pontchartrain. Les trois belles-soeurs y vinrent le jour même, et peu à peu la parenté et les liaisons y introduisirent plus de monde.

Dans la situation où étoit toute cette famille, le chancelier et la chancelière, qui n’aimoient point les belles-soeurs avec