Page:Sainte-Beuve - Poésies 1863.djvu/52

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le soleil un instant voilera son visage,
Et sans la rallumer laissera son imago
S’éteindre au fond de Teau.

Ce sera l’heure alors… Et quand, d’un flot docile
Mollement ramenés vers un retour facile,
Et poussés par le flux,
Les joyeux promeneurs regagneront la terre,
Celui que, le matin, ils virent solitaire,
Ils ne le verront plus.



LE SONGE


Quand autrefois dans cette arène,
Où tout mortel suit son chemin,
En coureur que la gloire entraine.
Je m’élançais, Tâme sereine.
Un flambeau brillant à la main ;

Des Muses belliqueux élève,
Quand je révais nobles assauts,
Couronne et laurier, lyre et glaive,
Étendards poudreux qu’on enlève.
Baisers cueillis sous des berceaux ;

Partout vainqueur, amant, poète,
Pensais-je, hélas î que mon flambeau,
Au lieu de triomphe et de fête,