Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/222

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Que nous faisons mourir d’un geste, sans courroux,
Pour plaire à des enfants dont les yeux nous sont doux,
Et qui se couchent, nus, avec un long sourire.

L’œil de notre terreur est ouvert en tout lieu.
La hache des bourreaux s’use aux têtes coupées ;
Et sur les nations de vertige frappées,
Terribles, nous brillons ainsi que des épées
Qu’au fond des cieux cruels tiendrait la main d’un dieu !


Les apôtres

Nous proclamons aux vents du ciel la délivrance.
Quand veuve de ses dieux morts par sa trahison,
L’âme appelle aux barreaux de fer de sa prison,
On entend notre voix derrière l’horizon,
Et nous apparaissons grands comme l’espérance.

La haine des tyrans s’acharne à nous frapper.
Nous parlons : sur nos pas grondent les multitudes,
Nous faisons ruisseler l’or des béatitudes ;