Page:Samain - Œuvres, t2, 1921.djvu/243

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Le salue au passage avec ses bois, ses champs,
Ses vignes, ses moissons et ses jardins penchants.
L’âge l’a couronné de sagesse ; il respire
La brise parfumée aux fleurs de son empire,
Et revêtu de force et de sérénité
Marche tout plein déjà de sa divinité.

Triomphateur altier consacré par l’histoire,
Charriant sous maint pont sonore un flot de gloire,
Il va de plus en plus magnifique et profond.
Déjà de hauts vaisseaux apparaissent qui font
Palpiter sur ses eaux des gonflements de voiles.
Chaque nuit sa splendeur réfléchit plus d’étoiles.
Le vent lointain qui vient d’horizons ignorés
Soulève vers le soir ses cheveux azurés.

L’Océan ! L’Océan !… déjà vers sa narine
Monte en souffle puissant la grande odeur marine.
Il tressaille, il s’émeut ; déjà de sourds reflux
Troublent obscurément ses flots irrésolus.
Il a compris ; là-bas l’attend l’ultime épreuve.
Au fils des monts altiers, roi des plaines, au fleuve,