Page:Sand – Le Lis du Japon, 1866.pdf/13

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LA MARQUISE.

Non, je monte. Je veux voir par mes yeux cet étage qui menace. M. Dubourg doit être là-haut ?


MARCEL.

Non, madame, il n’est pas arrivé, et c’est lui qui a les clefs… Daignez attendre ici… chez… C’est un atelier de peinture, et il n’y a personne.


LA MARQUISE, entrant.

Vous êtes sûr ? C’est là que demeure ce jeune peintre, votre parent, je crois ?


MARCEL.

Julien Thierry, mon cousin. D’ailleurs, vous êtes ici sur vos nouveaux domaines, et, en qualité de propriétaire, vous avez droit de visite et d’examen. Et puis vous pourrez jeter un coup d’œil sur ses toiles… Ce n’est pas mal.


LA MARQUISE, regardant.

C’est même très-bien… c’est charmant… vrai ! Je savais par vous qu’il a du talent et une bonne conduite ; mais je vais être forcée de lui donner congé.


MARCEL.

Sans doute, s’il est vrai qu’il y ait cas de force majeure ; autrement… il a un bail, et c’est une indemnité à discuter.


LA MARQUISE.

Discuter ? Non, puisque la personne est recommandable, elle fixera elle-même le chiffre de ses prétentions ; je n’entends rien aux affaires, vous le savez ! Mais je ne saurais rester plus long-temps ; s’il rentrait !… Il vit tout seul, n’est-ce pas ? il n’est pas marié ?


MARCEL.

Il n’est ni marié, ni… Enfin, il vit seul, sagement et honorablement.