Page:Sand – Le Lis du Japon, 1866.pdf/26

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LA MARQUISE.

Ah ! Eh bien ?


MARCEL.

Tout est perdu ! L’oncle n’a pas cru à ma parole. Il ne se connaît plus ; il maudit Julien, il le renie… à moins que…


LA MARQUISE.

Que quoi ?


MARCEL.

À moins qu’il n’épouse la présidente.


LA MARQUISE.

Quelle présidente ? (Mouvement de Julien pour faire taire Marcel.)


MARCEL.

Non ! je la nommerai, pour que madame la marquise soit juge de ta sottise : la présidente de Reuilly !


LA MARQUISE.

Ah ! une personne très à la mode, charmante sans être belle, un peu… une femme qui plaît beaucoup. Et pourquoi refuse-t-il un parti si… si flatteur ?


MARCEL.

Parce que monsieur prétend en adorer une autre ! et voyez un peu l’absurdité ! une autre qui ne l’aime pas, qui méprise les parvenus, qui se trouve trop haut placée pour lui, une autre enfin…


LA MARQUISE.

Que vous connaissez, monsieur Marcel ?


MARCEL.

Non, madame, il ne la nomme pas.


JULIEN.

Je pourrais la nommer à l’univers entier sans la compromettre ! Depuis quand une femme de bien est-elle exposée au blâme parce qu’un fou, un malheureux se meurt pour elle ? (Mouvement de Marcel.) Tout est fini pour moi, les joies de la jeunesse, les pro-