Page:Sand - Antonia.djvu/284

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s’était passé à l’hôtel d’Estrelle et sur les ressources dont elle disposait. Elle lui fit croire que tout était à Nanterre d’un bon marché extrême, et qu’elle pouvait se permettre un certain bien-être sans dépasser le chiffre de sa petite rente. Julie voulait être pauvre et ne rien devoir à M. Antoine. C’était le seul point où Marcel eût trouvé sa résistance invincible. Il avait dû mentir et lui laisser croire que M. Antoine avait pris possession de son hôtel, de ses diamants et de tout ce qui lui appartenait.

Les diamants étaient en dépôt chez Marcel, l’hôtel d’Estrelle était maintenu en bon état de réparation. Les chevaux, bien pansés, étaient à l’écurie et les voitures sous la remise. Les gens étaient payés et congédiés, avec l’ordre, moyennant profit, de reparaître dès que madame d’Estrelle elle-même reparaîtrait. Le suisse gardait la maison, soignait et promenait les chevaux. Sa femme époussetait, ouvrait et fermait les appartements. Le jardinier en chef de M. Antoine surveillait l’entretien des fleurs et des gazons. M. Antoine en personne venait faire sa ronde tous les matins. Le pavillon abandonné par madame Thierry était fermé et silencieux. Du reste, rien de changé dans la demeure de Julie. Chaque meuble était à sa place, et le soleil brillait au seuil de son salon désert.

Deux mois s’étaient écoulés déjà depuis le jour où Julie avait quitté l’hôtel. L’oncle Antoine n’en était plus que le gardien et le gérant scrupuleux. Il s’y était conservé ses entrées jusqu’au jour où il plairait à Julie