Page:Sand - Antonia.djvu/97

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— Voilà, voilà ! je suis fixé. Celle-ci sera l’Antonia Thierrii, et tous les amateurs de l’Europe en crèveront de rage si bon leur semble !

— Voyons, voyons ! se disait Marcel, est-ce de l’Antonia, est-ce de la comtesse que mon oncle est épris ?




III.


Marcel, voyant que la vanité horticole reprenait le dessus et pensant qu’il pourrait exploiter la joie de son oncle au profit de ses protégés, donna les plus grands éloges à la future Antonia.

— Vous comptez sans doute en faire hommage au Jardin du Roi ? lui dit-il. MM. les savants doivent vous tenir en grande estime !

— Oh ! pour celle-ci, bernique ! répondit M. Antoine : ils pourront la regarder tout leur soûl, la décrire dans leur beau langage, la spécifiquer, comme ils disent ; mais l’exemplaire est unique, et je ne m’en séparerai point avant que j’aie beaucoup de caïeux.

— Mais si elle meurt sans se reproduire ?

— Eh bien, mon nom vivra dans les catalogues !

— Ce n’est point assez ! À votre place, en cas d’accident, je la ferais peindre.