Page:Sand - Antonia.djvu/98

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— Comment peindre ? est-ce qu’on peint les fleurs, à présent ? Ah ! j’entends, tu veux dire que je devrais la faire tirer en portrait ? J’ai bien songé à ça pour d’autres plantes rares ; mais j’étais brouillé avec mon frère, et, quand j’ai fait travailler d’autres peintres, je n’ai jamais été content de leur barbouillage de fous. J’ai payé cher, et, après, j’ai crevé la toile ou déchiré le papier.

— Et vous n’avez jamais pensé à Julien ?

— Bah ! Julien ! un apprenti !

— Avez-vous vu quelque chose de sa façon ?

— Ma foi, non, rien !

— Voulez-vous que je vous apporte… ?

— Non, rien, je te dis. Nous sommes brouillés.

— Pas du tout ! Il vous a rendu visite tous les ans au 1er janvier, et vous n’avez jamais été mécontent de ses manières avec vous.

— C’est vrai, il est bien élevé, il n’est pas sot, ni mal tourné ; mais, depuis que j’ai refusé de lui avancer de quoi racheter la maison de Sèvres…

— Julien n’a pas dit un mot de blâme ni de mécontentement, je vous l’atteste sur l’honneur.

— Tout ça ne fait pas qu’il ait le talent qu’il faudrait…

— Tenez ! un petit échantillon en dit aussi long qu’un grand. Prenez votre loupe et regardez ça ! Marcel tira de sa poche une jolie tabatière d’écaillé, sur laquelle était encadré un bouquet peint en miniature par Julien. Bien que ce ne fût pas sa partie, il