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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

frances presque continuelles ; mais, au fond, je suis extrêmement forte, comme vous, et d’étoffe à vivre longtemps sans infirmité, en dépit de tous ces arias de bobos.

Soignez-vous bien, mais ne vous figurez donc pas que vous avez cent ans ; toutes les femmes de votre âge ont l’air d’avoir vingt ans de plus que vous. En ne vous affectant pas, en ne vous laissant pas gagner par l’ennui et la tristesse, vous serez longtemps jeune.

Restez près de ma sœur tant qu’elle aura besoin de vous et que vous vous plairez dans ce pays. Dès que vous éprouverez le besoin de changer de place et la force de le faire, venez ici. Vous y resterez dix ans si vous vous y trouvez bien, huit jours si vous vous ennuyez. Vous serez libre comme chez vous, vous vous lèverez, vous vous coucherez, vous serez seule, vous aurez du monde, vous mangerez comme bon vous semblera, vous n’aurez qu’à parler pour être obéie. Si vous n’êtes pas contente de nous, je suis bien sûre que ce ne sera pas de notre faute.

Adieu, ma chère maman ; je vous embrasse de toute mon âme, ainsi que ma sœur et Oscar.

Donnez-moi de vos nouvelles et des leurs.