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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND
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quelques lignes. Passer huit jours sans nouvelles de toi et de ta sœur, c’est bien long et je suis souvent bien triste. J’ai besoin de te savoir gai et heureux ; sans cela, je ne peux être moi-même heureuse.

Il y a de bien beaux tableaux au Musée : le Musée est une grande galerie où tous les peintres exposent leurs tableaux pendant quelques mois pour les faire voir au public. Le plus joli de tous représente deux enfants de sept ou huit ans qui sont assis sur un lit. L’un est malade et appuie sa tête sur l’épaule de son frère. L’autre se porte bien ; il tient un livre d’images pour l’amuser. C’est le portrait de deux jeunes princes anglais qui ont été étranglés par des méchants[1].

Il y a une quantité de belles statues que tu reconnaîtrais, à présent que tu comprends un peu la mythologie. Ce qu’on a fait de plus beau, ce sont les Trois Grâces, en marbre blanc. Il y a une jolie petite divinité allégorique, dont nous n’avons pas parlé ensemble : c’est la Candeur ou l’Innocence, représentée comme un enfant qui tient une coquille où vient boire un serpent. Cela signifie que, comme les enfants ne se méfient d’aucun danger, les personnes qui ont de la candeur ne se méfient pas des méchants qui peuvent leur faire du mal.

Si tu ne comprends pas bien cela, Boucoiran te l’expliquera mieux. Il y a aussi un gros enfant qui

  1. Les Enfants d’Édouard, de Paul Delaroche.