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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

sable : le payement d’une maison qu’il a vendue l’hiver dernier et dont l’échéance était le 10 de ce mois. Je pense qu’il reviendra par Nérac et qu’il passera quelques jours auprès de madame Dudevant. Je ne sais au juste quand il sera de retour. Il voulait assister à sa moisson. Il faudra qu’il se dépêche ; car les blés sont mûrs, et je vais les faire mettre à terre.

Quand il se sera reposé un peu de son voyage, il sera forcé de faire celui de Paris pour le placement de ses fonds. Alors il plaidera notre cause de vive voix auprès de vous, et peut-être vous décidera-t-il à revenir avec lui !

Vous avez dû voir Hippolyte[1] souvent. Il vous aura dit qu’il m’a laissé sa petite, dont je prends soin et qui se porte très bien. Nous avons eu des jours très brillants : d’abord la fête de Maurice, à l’occasion de laquelle j’ai régalé une centaine de paysans. Les danses, les coups de fusil, le carillon des cloches, le son de la cornemuse et les chansons des buveurs, auxquels se mêlaient les hurlements des chiens contrariés, ont célébré avec bruit l’anniversaire de notre jeune homme, qui était charmé de ce tapage et de ces honneurs.

Nous avons eu ensuite mademoiselle George à la Châtre. Elle y a donné deux représentations qui ont fait courir tout le pays, a mis la ville et les environs sens dessus dessous. Je vous conterais bien d’autres

  1. Hippolyte Chatiron, frère de George Sand.