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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND
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de ce moment, je ne me suis peut-être pas bien expliquée. C’était pourtant mon intention, recevez-en mes excuses. Du reste, vous avez eu, j’espère, à votre disposition la clef de la grande bibliothèque et vous avez pu lire à votre aise. Si l’on n’a pas fait de feu dans votre chambre, c’est bien votre faute. Il ne tenait qu’à vous d’en allumer, et vous n’êtes pas si niais, je pense, que d’y mettre de la discrétion.

Recommandez donc bien mon bengali et veillez à ce qu’il soit bien tenu ; car, si je le retrouve mal soigné, je ferai un train du diable à André[1]. Faites faire du feu tous les jours dans mon petit réduit, afin qu’en y rentrant, ce qui aura lieu à la fin de la semaine, je ne le trouve pas froid comme glace. Priez aussi mon frère de monter souvent Liska[2].

J’ai commencé par où je voulais finir ; mais j’ai bien fait, car les petites choses qu’on remet, on les oublie, et les grandes ne sont pas pressées, vu qu’on ne les oubliera pas. Parlons donc de mes enfants. Ma fille est enrhumée, dites-vous ? Si elle l’était trop, faites-lui le soir un lait d’amande, vous avez ce petit talent ; mettez-y quelques gouttes d’eau de fleurs d’oranger, et une demi-once de sirop de gomme. Maurice lit donc bien ? Cela me fait plaisir, c’est pourquoi je lui écris. Je ne peux vous en dire davantage, le temps me presse.

Ma santé se maintient bonne, et, d’ailleurs, je suis

  1. Domestique de la maison.
  2. Jument de selle de George Sand.