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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

à propos d’une des plus pures gloires de ce siècle.

Mon admiration et ma vénération pour l’auteur des Paroles d’un croyant ont toujours été et demeureront sans bornes. La preuve ne me serait pas difficile à fournir, et vous eût frappé si vous aviez eu le temps et la patience de lire tous mes écrits.

Je passe encore bon nombre d’erreurs sans gravité, et au sujet desquelles je me borne à rire dans mon coin, — non de vous, monsieur, mais de ceux qui prétendent fournir des documents à l’histoire des vivants, — pour arriver à cette phrase : Elle fermait l’oreille quand il parlait d’une application trop directe du système.

Cela n’a pas l’intention d’être une calomnie, je le sais ; mais c’est un ridicule gratuit que vous voulez prêter à un homme non moins respectable que M. de Lamennais. N’auriez-vous pu trouver deux victimes moins sacrées qu’un vieillard au bord de la tombe, et un noble philosophe proscrit ? Je suis sûre qu’en y songeant vous regretterez d’avoir trop écouté le penchant ironique qui est la qualité, le défaut et le malheur de la jeunesse en France.

Permettez-moi aussi de vous dire qu’une certaine anecdote enjouée à propos d’un M. Kador, que je ne connais pas, est très jolie, mais sans aucun fondement.

Enfin, la modestie me force à vous dire que je n’improvise pas tout à fait aussi bien que Liszt, mon ami, mais non pas mon maître : il ne m’a jamais donné de leçons et je n’improvise pas du tout. Le même senti-