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CORRESPONDANCE DE GEORGE SAND

rire accueillera votre assertion. Non, mon ami, vous ne connaissez pas la France. Je sais bien que, comme toutes les nations, elle pourrait être sauvée par une poignée d’hommes vertueux, entreprenants, convaincus. Cette poignée d’hommes existe. Elle est même assez grosse. Mais ces hommes isolément ne peuvent rien. Il faut qu’ils s’unissent. Ils ne le peuvent pas. C’est la faute de celui-ci, tout comme la faute de celui-là ; c’est la faute de tous, parce que c’est la faute du temps et de l’idée. Voyez, vous-même, vous en êtes, vous voulez les réunir, et en criant : Unissez-vous ! vous les indignez, vous les blessez. Vous êtes irrité vous-même, vous faites des catégories, vous repoussez les adhésions, vous semez le vent, et vous recueillez des tempêtes.

Adieu ; malgré cela, je vous aime et vous respecte.


CCCLIV

À MADEMOISELLE LEROYER DE CHANTEPIE,
À ANGERS


Nohant, 2 juin 1852.


Hélas ! non, chère mademoiselle, je n’ai pas obtenu la grâce de trois cents personnes, bien que j’aie demandé pour un chiffre de ce genre. Mais, pour toutes sortes de raisons que vous pouvez apprécier sans que