Page:Sand - La Coupe, Lupo Liverani, Garnier, Le Contrebandier, La Rêverie à Paris, 1876.djvu/254

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empourprés ! une gondole vénitienne avec son falot sur sa tête de cygne et ses deux rames bleues comme deux ailes palpitantes ! oh ! s’il avait eu un dromadaire égyptien, un renne lapon, un éléphant siamois ! oh ! s’il avait eu cent écus !

Damnation ! tous les jours le même dîner, le même poêle, le même habit vert ! La vie est-elle donc si douce ? le suicide n’est-il pas un des besoins du siècle, une des conséquences de la littérature ?

Garnier regardait de travers un pistolet accroché à son mur, un pauvre pistolet sans pierre, incapable de nuire à personne.

« Sombre et fidèle ami, s’écria le jeune homme, que renfermes-tu dans tes entrailles de fer ? Quel secret mystérieux de doute et de terreur diras-tu à l’oreille de l’homme assez osé pour te poser sur sa tempe amaigrie ? Quelle vérité terrible jaillira dans l’éclair de ta vieille batterie noircie par la fumée ?

— Hélas ! semblait répondre modestement le pauvre pistolet sans fiel, je n’ai plus de ressort, et toi-