Page:Sand - Laura - Voyages et impressions.djvu/42

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tu ne t’en es pas vanté ; mais la trace de l’accident est restée, et la voici. Tu l’as assez regardée pour la reconnaître. Aujourd’hui, elle te sert de grotte pour abriter ta pauvre tête fatiguée de l’éclat du soleil sur la gemme.

― En effet, Laura, répondis-je, je la reconnais fort bien à présent ; mais je ne saurais comprendre comment une cassure à peine saisissable à l’œil nu, dans un échantillon que mes deux mains pouvaient contenir, est devenue une caverne où nous pouvons tous deux nous asseoir au flanc d’une montagne qui couvrirait tout l’emplacement de notre ville…

― Et au centre d’une contrée qui embrasse, reprit Laura, un horizon dont ta vue peut à peine saisir les profondeurs ? Tout cela t’étonne, mon pauvre Alexis, parce que tu es un enfant sans expérience et sans réflexion. Regarde bien cette contrée charmante, et tu comprendras sans peine la transformation que la géode te semble avoir subie.

Je contemplai longtemps et sans m’en lasser le site éblouissant que nous dominions. Plus je le re-